Quand la pratique du jeu vidéo améliore nos capacités au quotidien

Améliorer la concentration, stimuler la créativité, développer la coordination… Longtemps diabolisés, les jeux vidéo, même ceux qui n’ont pas pour vocation d’être éducatifs, sont aujourd’hui plébiscités pour leurs nombreux bénéfices.

Oubliez tous les clichés que vous avez entendus sur les jeux vidéo et notamment ceux qui racontent qu’ils auraient un effet négatif sur les jeunes joueur·ses. « Quand on joue, 30 à 70 processus cognitifs sont utilisés. Les jeux vidéo permettent un entraînement cérébral et peuvent même être un moyen de développer ses capacités cérébrales » explique Vanessa Lalo, psychologue clinicienne, spécialisée en jeux vidéo. Tout comme lire un roman ou reconstituer un puzzle, jouer à un jeu vidéo permet au cerveau des enfants ou des adolescent·es d’évoluer et de mûrir. La multiplicité des modes de jeu, la grande variété des univers ouvrent un vaste champ des possibles. En fonction des titres, le·a joueur·se peut aiguiser la motricité de ses mains, affiner ses réflexes, canaliser son énergie, voire même gagner en confiance en soi.

Apprivoiser la frustration

Selon le psychologue et psychanalyste Michaël Stora, cofondateur de l’OMNSH (Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines), les jeux nous enseignent la patience et nous permettent de nous confronter à la frustration en toute liberté, sans présence extérieure, possiblement réprobatrice. « Au contraire de l’école ou de l’entreprise, le jeu vidéo ne vous juge pas. Vous pouvez vous exercer à différentes stratégies pour dépasser l’obstacle, jusqu’à y parvenir. » Pour l’auteur de Et si les écrans nous soignaient ? Psychanalyse des jeux vidéo et autres plaisirs numériques (éd. érès), le jeu vidéo permet de faire l’expérience du monde à son rythme et d’être gratifié de ses efforts. C’est le cas notamment des jeux de tir comme Homefront®: The Revolution ou encore de Outcast : Second contact qui demandent sang-froid, précision et patience. Ou encore du très beau jeu d’aventure The Flame in the Flood qui requiert de l’organisation, de la persévérance et lorsqu’il est joué à plusieurs, de l’esprit d’équipe. « Un adolescent n’a pas intérêt à toujours fuir ses problèmes. Il doit aussi accepter d’y penser, les affronter. C’est la seule voie pour envisager des solutions, et réussir à les surmonter » complète le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron.

Prendre confiance en soi

L’enfance et adolescence sont des périodes où l’ego se construit, et où il est souvent malmené, notamment à l’école ou au collège. Certain·es jeunes joueur·ses peuvent avoir besoin d’un petit coup de pouce pour muscler l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. “Évoluer dans un monde virtuel donne confiance, cela permet de vivre des choses extraordinaires sans rien risquer” analyse Michaël Stora. Certains jeux font intervenir des processus cognitifs qui augmentent la confiance en soi, comme obtenir des trophées lorsque l’on atteint un niveau. Pour Serge Tisseron, les personnages qui peuplent les jeux vidéo sont « des équivalents des doudous de l’enfance ». Ils sont un espace intermédiaire entre le dehors et le dedans pour reprendre la théorie de D.W. Winnicot dans Jeu et réalité (éd. Gallimard). Jouer à des jeux vidéo ne condamne pas un·e enfant à une vie ludique solitaire, le multi-joueurs comme Battle vs. Chess ou Bombslinger se jouent par essence à plusieurs. C’est le cas également de l’e-sport que l’on peut pratiquer en équipe. Certains profils timides peuvent ainsi apprendre à collaborer et communiquer en restant dans un espace sécurisé (un safe space). Ils peuvent même être un espace de partage entre frères et sœurs. 

Développer sa concentration et réflexion

Se frotter au monde extérieur en jouant en équipe, améliorer sa motricité grâce au stick, faire preuve d’opiniâtreté devant un gameplay complexe, mais aussi apprendre à faire des choix rationnels en peu de temps, inventer et tester des stratégies, élucider des énigmes…. Certains jeux comme le magnifique Hue – qui consiste à utiliser des couleurs pour débloquer des passages et avancer dans l’histoire – mobilisent les neurones, mais aussi les réflexes et le sens du timing. Les jeux de type puzzle (Figment ou encore Yono and the Celestial Elephants) enseignent aussi aux joueur·euses par exemple à décrypter des cartes et aiguisent ainsi le sens de l’orientation. Les jeux vidéo améliorent des capacités parfaitement utiles dans le monde réel. On apprend et on grandit, en s’amusant. 

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